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La construction de la basilique San Giovanni e Paolo (" San
Zanipolo " en dialecte vénitien) commença vers
le milieu du XIIIe siècle, sur un terrain cédé
aux moines dominicains par le doge Tiepolo. Lédifice
ne sera cependant consacré quen 1430 et son imposant
portail sculpté achevé en 1458. Il suit un plan en
forme de croix latine se terminant par plusieurs chapelles absidales.
San Giovanni e Paolo est le panthéon des doges ; vingt-cinq
dentre eux y furent en effet enterrés entre 1248 et
1778. Symbole de la grandeur de Venise, ce fut la seule église
de Venise à échapper aux mesures interdisant la célébration
du culte édictées par Bonaparte à la suite
de la chute de la Sérénissime République en
1798.
La nef principale est séparée des deux nefs latérales
par de hautes rangées de colonnes. Lalternance de briques
rouges et de pierres gris pâle crée un accord chromatique
typique de larchitecture gothique vénitienne, de même
que les poutres horizontales qui soutiennent la structure densemble.
Véritable musée, la basilique abrite plusieurs chefs-duvre
de lart vénitien, tableaux, vitraux, hauts reliefs,
polyptyques, au premier rang desquels le Polyptyque de saint Vincent
Ferrer(1465) de Giovanni Bellini. Le maître-autel baroque
est attribué à Baldassare Longhena.
La chapelle du Rosaire contenait dimportants tableaux du
XVIe siècle, dont la Mort de saint Pierre martyr de Titien,
détruits au cours dun incendie au XIXe siècle.
La sacristie a été restaurée par le Comité
Français pour la Sauvegarde de Venise entre 1986 et 1993.
Les travaux ont souvent nécessité de très délicates
interventions, telles que lélimination de clous et
de fils de fer posés lors dinterventions précédentes,
le nettoyage et la consolidation des matériaux, lenlèvement
des retouches et des repeints qui altéraient les couleurs,
la réintégration des lacunes. Ils ont permis de rendre
tout leur éclat à la magnifique ornementation en stuc
et aux tableaux de la fin de la Renaissance. Tous les grands peintres
du dernier tiers du XVIe siècle participèrent en effet
à la décoration de la sacristie : Bassano, Marco Vecellio
(le neveu de Titien), Lioni Michieli, Fialetto, Fontebasso, Buontolon
et surtout Palma Giovane, qui signa ici deux de ses plus belles
uvres, La Crucifixion et La Résurrection.
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